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14 juin 2016 2 14 /06 /juin /2016 13:34

 

Une opinion du collectif interparoissial (*).

A Bruxelles, on nous dit que nous avons trop d’églises. A l’heure où des milliers de chrétiens d’Orient meurent chaque jour pour que leurs églises survivent, c’est presque indécent… Sur le terrain, nous constatons effectivement que de plus en plus d’églises sont fermées au culte du dimanche, à l’insu et à la grande surprise de leurs paroissiens qui le découvrent parfois d’un jour à l’autre. La raison ? Un projet pastoral diocésain encore peu connu mais de grande ampleur, dont l’objectif est de fusionner les paroisses et concentrer les messes du dimanche dans des églises centrales afin d’accroître leur attractivité et leur dynamisme. Une église ou deux accueilleront les célébrations et activités principales des unités pastorales (devenues les paroisses nouvelles), tandis que les églises périphériques, devenues quant à elles moins actives, seront menacées de fermeture pour la pastorale de quartier.

 

Fin de la vie des quartiers

Créer des entités paroissiales de plus en plus grandes et impersonnelles, une ou deux par commune, ne serait-ce pas la fin de la vie paroissiale, fermement ancrée dans les quartiers ? Une disparition pourtant programmée qui aura les conséquences inverses de celles espérées : éloigner les églises des gens, diminuer le nombre de fidèles, affaiblir le tissu ecclésial et pénaliser davantage les moins mobiles et les plus pauvres. Dans un contexte où la priorité de tous les responsables politiques et sociaux est de renforcer les services de proximité et la vie des quartiers, cette politique pastorale n’apparaît-elle pas en total décalage avec la volonté de témoigner d’une Eglise et d’un Dieu qui veulent se faire proche de l’homme et du plus pauvre, au cœur de sa vie quotidienne et ordinaire ?

Pourtant, des études récentes révèlent que la pratique religieuse des catholiques a augmenté durant ces dernières années, tout comme le nombre de séminaristes et de baptêmes d’adultes. La formidable mobilisation qui a permis de sauver la chaîne catholique KTO en Belgique n’est-elle pas un signe fort de la soif de spiritualité de notre pays dit sécularisé ? Sur le site du vicariat on lit qu’il y a 250 prêtres actifs, 30 diacres, une centaine d’assistants pastoraux, sans compter les très nombreux bénévoles ici et là. L’Eglise à Bruxelles est riche de ressources humaines pour faire vivre ses 108 églises. Des églises vivantes, qui accueillent non seulement environ 144 000 catholiques pratiquants (12 % de la population bruxelloise d’après le sondage Orela-le Soir-Ipsos-RTL- fév 2016), mais aussi les milliers de passants, heureux de pouvoir les visiter, y flâner, s’y arrêter ou prier.

 

Quatre euros par habitant

Dans Bruxelles, capitale européenne, où la communauté catholique se vit en plusieurs langues et traditions, l’Eglise à Bruxelles est appelée à vivre au rythme de l’Eglise universelle, ainsi demandons-nous avec insistance à nos évêques que nos églises restent des églises paroissiales ouvertes au quartier et à la dimension internationale de Bruxelles. Nombreuses en effet sont les communautés catholiques étrangères qui cherchent encore à partager des lieux de célébration dans tous les quartiers de la capitale. L’accueil par nos paroisses de ces communautés est l’occasion d’un partage de cultures et traditions différentes et une garantie de respect de leurs droits de citoyens. Sachant en outre que des communautés nouvelles frappent encore à nos portes pour partager leur charisme propre et cherchent-elles aussi à rayonner à partir des églises qui les accueilleraient.

Perplexes, nous nous interrogeons profondément sur les causes qui pourraient être à l’origine d’un tel repli et de cet abandon. Est-ce une volonté des pouvoirs publics ? Ouvertes à tous, nos églises pèsent pourtant bien peu dans les budgets régionaux ou communaux. Le coût annuel de nos 108 clochers ? Moins de 1 pour 1000. Soit 4 euros par habitant et par an, partagés entre la Région et les communes.

Cela provient-il de raisons propres à l’Eglise elle-même ? Y aurait-il un manque de relève ? Avec 55 séminaristes pour le diocèse de Malines-Bruxelles ainsi que les nombreux prêtres étrangers qui animent les communautés catholiques étrangères, on peut en douter. D’autant que les budgets alloués par l’Etat fédéral à la rémunération des prêtres attachés au culte paroissial sont loin d’être épuisés, puisque moins de 50 % du cadre actuel prévu par la loi est occupé. Est-ce encore lié à des raisons financières propres à l’évêché ? Si c’est le cas, les catholiques de Bruxelles seraient heureux que leurs évêques leur partagent leurs soucis, comme leurs homologues le font en France…

 

N’ayez pas peur !

Nous sommes prêts, nous laïcs, à aider nos évêques, dans la gestion de nos églises, formidables outils de transmission des valeurs évangéliques, mais aussi dans les négociations avec les pouvoirs publics concernant le respect de ses obligations en matière de financement. Nous mobiliser tous ensemble pourrait être un moteur magnifique capable de revitaliser le tissu ecclésial, ainsi qu’un formidable vecteur pour annoncer ensemble la Bonne Nouvelle du Christ "jusqu’aux périphéries". Nous pouvons, ensemble, transformer les difficultés rencontrées en un formidable moyen de renouveau.

Aussi, nous demandons à l’archevêque Mgr De Kesel et à son auxiliaire, Mgr Kockerols, de renoncer à leur plan de fusion des paroisses réduites à quelques "églises phares". Du nord au sud du canal, les communautés catholiques belges et étrangères sont solidaires dans un échange de collaboration et d’entraide fraternelle. Toutes nos églises doivent rester paroissiales et garder leur droit à une Fabrique d’église, y compris par ailleurs, pour les communautés chrétiennes qui y seraient accueillies. Nous encourageons dès lors nos évêques à mobiliser toutes les compétences et bonnes volontés inexploitées pour que vivent toujours davantage l’Eglise et nos églises à Bruxelles, au cœur de l’Europe.

 

(*) Pour le collectif interparoissial : Perpetue Nomba (Anderlecht), Marc Moreau (Berchem-St-Agathe), François Fierens- Godelieve Faut (Bruxelles Ville), Pilar et Philippe Etienne - Jean-Pierre Lentz (Etterbeek), Marie-Anne Noppe - Marie-Thérèse François (Forest), Philippe Pepermans - Alexander Stolberg (Ixelles), Paul Forget (Jette), Arber Stani - Anne Strevele- Liliane Toussaint (Laeken), Vesna Hanon - Bonaventure Mbarushimana (Molenbeek), Martine et Emile Belsack (Neder-Over-Heembeek), Anna Maria Fumo (St- Gilles), Charles et Florence Gros- Marie-Thérèse Goossens- Stéphane et Isabelle de Lovinfosse (Schaerbeek), Alexandra et Arnaud Ronssin- Ignace et Laurence Moreau (Uccle), Philippe Gosseries- Monique Goossens- Marie Sybille de la Faille (Watermael-Boitsfort), Magda et Gérard Cuchet (Woluwé-St-Lambert), André et Marie-Antoinette Franck- Jacques Franchomme- Frédéric de Limburg Stirum (Woluwé-Saint-Pierre).

 

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Published by Les amis de l'église Sainte-Catherine à Bruxelle
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commentaires

François Houtart 22/07/2016 09:05

Comme déjà proposé aux Amis de Sainte-Catherine, les organistes de Bruxelles devraient pouvoir rejoindre le mouvement de soutien aux églises de Bruxelles.

Ils connaissent et vivent dans ces lieux. Près de 200 orgues en Région de Bruxelles-Capitale (www.orgues.irisnet.be) représentent un patrimoine important qu'il est temps de valoriser avec plus de collégialité, de créativité, de fraternité ... et un peu de compassion pour ces artistes qui se dévouent !

Les organistes et musiciens offrent une présence dans les églises et les liturgies. Ils sont transmetteurs de la vie de la Paroisse et des traditions pluri-centenaires.

Voilà de nombreux talents qu'il suffit d'encadrer un peu pour obtenir soutien et richesse spirituelle et culturelle.

Un mot de votre part et le mouvement sera lancé.

P.S. Le sort de certains orgues est aussi entre les mains des hauts responsables de l'Église de Bruxelles. Je pense à l'orgue de Saint-Paul à Uccle, sauvé d'une église en démolition à Verviers et que les protagonistes aimeraient installer par ex. à Saint-Job... Sont-ils entendus ? Sinon où ira cet orgue ? Qui supervise cette question très spécialisée ?

Julienne Fanton-Duby 22/06/2016 18:16

Je suis outrée que l'on veuille encore fermer l' église Sainte Catherine, ne plus prendre de prêtres de la Fraternité des Saints Apôtres, les arguments sont pauvres pour cela !!!! je vis en France, depuis quelques mois , j'ai bien connu les prêtres de la Fraternité, j'ai assisté à leur ordination, l' église était remplie lors de leurs offices ! je suis bien triste pour tout cela ? s'il y a une pétition je signe mais Confiance, c'est la main de Jésus qui conduit tout !!! Union de prières.

Abdelaziz DJABALI 14/06/2016 15:15

-C'est le début des derniers soubresauts de l'église catholique,

-Avant de sombrer dans un coma profond,

-Pour laisser place à la grandeur et à la suprématie de l'islam,

-Et qui ne réveillera de son coma que le jour de la résurrection !

François Houtart 22/07/2016 09:13

Bonjour,
Selon moi, c'est plus grave et pernicieux que cela, c'est la suprématie de l'athéisme (et toutes ses organisations ...) qui, à terme, cherche à prendre sa place.

Mais comment l'Église catholique peut-elle prendre les "bonnes" décisions en tous domaines alors qu'elle n'a toujours pas répondu à l'appel de la Vierge à Fatima (1917 !) demandant la consécration de la Russie à Pie XI (impassible) pour contrer l'athéisme/bolchevique qui a inondé le monde en commençant par l'Espagne, le Mexique, les accords secrets avec Hitler pour se partager l'Europe, etc. ?
Il faut le clamer : sans l'idéologie de l'État mortifère soviétique, jamais Hitler n'aurait pu aller jusqu'où il a été.

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